Vendredi 13…

Vendredi 13 novembre 2015,
Le froid qui s’immisce insidieusement, la buée qui trouble les vitres, le reste des rayons du couchant avalé par l’obscurité.

Assise, le front collé à la fenêtre, elle laisse son regard errer et capter un détail…
La fenêtre lui offre une large vue sur Paname et la ville toute entière semble entrer dans la pièce…
Au loin le tumulte des klaxons et des sirènes qui se déversent dans les rues.

En un instant son téléphone lui délivre des messages de famille, amis… de Paname, Madinina, Toronto, BelaCrkva, Mexico, San Francisco : « Are you safe ? » « Jesi li dobro ? ». Elle vérifie que ces proches le sont aussi…

Quelque chose de l’équilibre a vacillé, telle une onde de choc… Paname pleure.

Le temps s’est ramassé sur lui même, léger hier, lourd et suffoquant l’instant d’après.
Le chagrin l’oppresse, il veut se ménager une place, qu’elle le prenne dans ses bras.

Des barbares se sont attaqués à l’Humanité !
Des barbares assassinent et terrorisent au nom d’une religion dont ils se réclament en en violant l’esprit !

La violence de cette nuit, c’est les cris, les tirs, le sang… puis le silence et tout cela pour recouvrir les blessures.

Alors céder à la peur ? Si imprévisible, soudaine, comme à un carrefour lorsqu’on traverse une rue…
Alors céder à la colère ? Celle-là même qui cause tant de ravages…
Ne pas se laisser engloutir…
Confusion des émotions…

Petit matin du 14 novembre 2015,
Elle sort,
Elle essuie furtivement les larmes qui ont dévalées ses joues,
Frotte entre ses doigts un brun d’herbe de son jardin, en respire l’odeur et fait le vœux que ce parfum pénètre sous sa peau et efface cette douleur.

Elle marche dans les rues de Paname où toute cette tristesse colle sur les murs.
Et si le chagrin ne se dilue pas dans l’eau, ni dans l’air, elle sent ce vent puissant de solidarité de toute part.

En pleurs, en deuil, citoyens du monde… et DEBOUT !


Des mots pour s’y abriter

197 réflexions sur “Vendredi 13…

  1. Vers 10 h ce matin j’ai découvert ce qui s’était passé à Paris hier soir. En regardant les images et le nombre de morts j’avais l’impression que ces tueurs-fous s’étaient attaqués à ma famille, à des proches chers à mon coeur, ces personnes assassinées auraient pu être chacun d’entre nous, un soir de fin de semaine en balade à Paris. Je suis triste…
    Heureuse de savoir que vous allez bien.

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  2. Notre fils unique, âgé de 29 ans nous a appelé vendredi soir, une fois rentré de Paris, une heure avant le début des explosions…
    En France, nous devons réfléchir, agir…

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  3. Le 13, au soir, je me suis endormie tranquille. Ignorant encore.
    A 2h30 du matin, insomnie. Je me « réveille » sur ces nouvelles lues sur ma tablette. Réveillée ou en plein cauchemar. Je ne décrypte pas. Je dois faire un cauchemar ? Et je pense à mes amis partis ce jour-à sur Paris. Et je pense à mes ami(e)s de Paris. Et je crains pour eux.
    La peur ? On ne doit pas s’y habituer, si préparer, elle viendra bien assez tôt. Et s’y habituer, n’empêchera rien. Que ferions-nous, que ferais-je au coeur d’une telle tempête dévastatrice, je l’ignore… ? Mais je me pose souvent la question, tout de même.

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    • Ce réveiller en pensant une fraction de seconde que ce n’est qu’un cauchemar, que tout cela est irréel … ce matin encore … Ce qu’on ferait face à l’insoutenable barbarie… je pense qu’il faut éviter cette question …
      Merci pour ton témoignage …

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  4. La peur, elle est pas loin, on peut la sentir dans le regard des gens. Le meilleur remède à la peur, c’est l’amour !
    Merci de partager vos émotions et chaque fois un peu plus qui vous êtes / Fear, it is not far, we can feel it in people’s eyes. The best cure for fear is love ! Thank you for sharing, thank you for sharing your emotions, and who you are each time a little more.

    Aimé par 1 personne

    • « belle façon » et « horreur »…. ça sonne comme un antagonisme : Faire saillir la lumière alors qu’il y a là tant d’obscurité. Mais c’est peut être juste parce que je ne sais écrire qu’ainsi 😉

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  5. Lire ce récit c’est rappeler que nous avons tous traverser la même tragédie, que nous avons tous cette même douleur. Vous montrez que vous n’avez pas le monopole de la douleur mais qu’elle se partage… comme l’espoir.
    L’essentiel est dit simplement, merci.

    Aimé par 1 personne

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