Comme un instant volé au temps…

Madinina… La nuit qui tombe trop vite et reste en suspens dans l’air du matin.
La saison des pluies où le  soleil s’attarde dans la journée et se love dans la moiteur ambiante.
La chaleur qui vous enveloppe sans merci, et l’humidité de la pluie de toute une nuit goulûment absorbée : La couche de peinture sur la table en bois du jardin se décolle, la fine pellicule colorée se recourbe tel le ruban d’un joyeux cadeau, les pages d’un livre abandonné sur une marche de la terrasse se gondolent, le linge sèche à peine étendu, les éclaboussures des jeux d’eau sur la peau aussitôt envolées, les lèvres sèches jusqu’à se fendiller…

Arrive le temps de la « sixième heure du jour », comme un instant volé au temps qui s’écoule.
La voilà, séduisante, tendre, irrésistible qui vous appelle tel un murmure, une caresse… : LA SIESTE
Elle est comme une respiration dans le tumulte de la vie.

Dormir ? Faut-il occulter ce délicieux instant de paresse sous l’excuse : « Je n’ai pas le temps » ou « j’ai plein de trucs à faire »… ?

Au bord de l’eau, sur le sable, au pied d’un arbre, dans un lit ou le creux d’un hamac elle s’impose et vous vous abandonnez enfin.Vous vous abandonnez pour émerger vingt minutes ou deux heures après… sonné, vacillant, engourdi, encore à la lisière du sommeil, d’un souvenir, d’un rêve…

Je me souviens du plaisir gourmand à raconter des histoires, murmurer des chansons à mes enfants pour qu’ils rentrent dans la sieste parés d’images ou de mélodies. Et malgré moi mes yeux qui se fermaient…

Je me souviens d’une sieste volée par une tablée d’amis joyeux que je ne voulais abandonner…

Je me souviens de siestes enveloppées de bonheur…

Et vous …?

Publicités

Parfum de pluie…

Elle a toujours adoré ouvrir la fenêtre de sa chambre après une averse d’été et profiter de l’air frais qui caressait son visage.

Assise, le menton blotti entre ses genoux, elle observait la nature s’éveiller devant elle :
Les gouttes d’eau accrochées à une toile d’araignée telle une étoile de Noël prête a scintiller, le ciel bleu acier imposant un clair-obscur a couper le souffle, les rayons du soleil traversant cet édredon de nuages pour effleurer et éclairer de ses longs doigts fins la nature frémissante.

Dans sa chambre flottait encore l’odeur de la pluie qui s’était posée délicatement pour s’évaporer l’instant d’après.
Le parfum de l’oranger du Mexique se mêlait en douceur à celui de la pluie, de la terre humide.
Elle se sentait enivrée, légère et emplie de bien être, ses émotions étaient aussi contrastées et multiples que le ciel.

Ce parfum de pluie est sa porte ouverte aux souvenirs, ceux qui s’immiscent dans son esprit avec délice, car ces souvenirs là font du bien.

Alors elle observe encore, respire profondément, finalement ferme les yeux pour laisser venir encore.

Bien des choses passent mais le parfum reste, comme un goût d’éternité. Il a ce pouvoir extraordinaire de faire surgir du fond de la mémoire des instants oubliés, des lieux, et de raviver la présence des personnes aimées.

Oui, elle aime ce parfum de terre sucrée, musquée, qui annonce l’arrivée du soleil. Ce parfum qui l’enveloppait enfant pendant la saison des pluies à Madinina chez sa Grand-Mère.
Et le voyage reprend : Sa grand-Mère est là debout dans la cuisine à faire griller des grains de café, chuchotant une mélodie joyeuse. Elle se retourne, lui sourit, amorce un clin d’œil, une grimace, s’en suit éclat de rires, câlins et millions de baisers.

Elle ne veut pas laisser s’échapper cet instant, elle veut le prolonger, respire encore lentement et profondément pour que blottie dans les bras de sa Grand-Mère, ce merveilleux voyage sensoriel ne s’évanouisse pas : Et ce parfum de pluie flirte avec la citronnelle, le café, la mangue, la terre humide, la cannelle, le vétiver, le patchouli, la vanille…

Elle est tellement attachée à ses notes simples de son enfance garantes de son humeur joyeuse.

Un Alyzé… non juste une brise, soulève quelques gouttes d’eau qui viennent ruisseler sur sa joue jusqu’à perler sur ses lèvres.

Elle sourit, elle rit :
Aujourd’hui Myo est apaisée, elle s’est réveillée dans un sourire et elle sait qu’elle s’endormira dans un joyeux souvenir.

Ici… photo de ma grand-Mère paternelle

IMG_0968-4.JPG

Sun is back…

Du vieux en marcel, au jeune en RTT qui tombe la veste, de la plage de Lacanau à celle de Nice, ou d’ailleurs encore…
On sent poindre une renaissance collective, un come back partagé…
Contre toute évidence l’anthousiasme le plus pueril prévaut… !
La tradition nous pousserait elle a exposer nos peaux nues au soleil et nos gosiers assoiffés a des boissons sans faux col…?
Pourvu que ça dure…

Bienvenue chez nous Monsieur Soleil.

IMG_0493.JPG