Des mots…?

Premier matin d’automne,
Elle sent l’arôme de sa tasse de café, ce parfum qui sent si bon la paix de la maison…

Dans sa mémoire, le ciel tumultueux d’une journée d’été au bord de l’océan, empreint d’une clarté presque aveuglante, miroitante à la surface des nuages.
Ce matin, en un instant le ciel bleu chavire, quelques gouttes de pluie, des nuages en chute libre, et leur couleur ocre qui se dissout dans l’eau.

Elle est heureuse de cette sensation que lui offre encore l’engourdissement du sommeil… et si c’était aussi ça le bonheur ? Pas une illusion, pas un rêve ni même une promesse… juste l’instant présent.

Les semaines ont défilées sans qu’elle puisse écrire une ligne, un mot… Comme si tout devait rester figé, devait rester une ébauche…
Enfin, les mots reviennent dispersés, cherchant un sens.
Tant de mots dans lesquels elle trouve sa part de rêve, des mots sans conséquence, parfois contradictoires, oscillant entre magie éphémère et réalité… pour habiller le quotidien.
Ces mots, c’est la force de son esprit jusque dans son corps.
Ce sont eux qui donnent une rondeur, une douceur comme la caresse d’une main pour apaiser.
Ce sont eux qui soulignent les angles jusque dans le froid d’un sentiment.
Eux si silencieux et criants à la fois…

Alors elle laisse le fracas de la pluie intense engourdir son ouïe… et venir ses mots qui la cernent depuis des jours sans jamais se poser.
Ce matin sa pensée à une nouvelle couleur… et si l’automne flamboie déjà de mille teintes chaudes, elle espère pouvoir écrire demain.

A très bientôt… 

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Des étoiles plein les yeux…

Aout 2015,
Des journées limpides et langoureuses, glissant les unes dans les autres, sans fausses notes,
Le soleil qui décline et ses astres nonchalamment absorbés par l’obscurité,
La chaleur qui ne veut pas céder et mène un bras de fer avec l’onde fraiche du soir.

Allongée dans l’herbe, les yeux rivés vers le ciel, elle observe les vagues de nuages qui tourmentent l’immensité jusqu’à la faire chavirer.
Puis tel le rideau d’une scène, s’éclipsent humblement pour laisser le premier rôle aux myriades de Perséides…

Elle voudrait des mots saupoudrés d’émotion, des mots dont chaque phrase aurait conscience de la magie éphémère qui l’enivre.
Le souffle coupé, elle écarquille les yeux pour ne rien perdre de ce cadeau du ciel, et garder précieusement en mémoire cet instant privé de traduction… de mots.

Septembre 2015,
6h30, le réveil sonne.
Elle ne sait si elle est encore dans un rêve ou dans la journée qui commence…

Se ressaisit, c’est la rentrée … !!!

Sous la douche elle retrouve instantanément les sensations de ces douces vacances sans autres préoccupations que de faire sécher serviettes et maillots de bain, cueillir les tomates et les haricots du jardin, empiler des boules de glace sur un cornet pour ses enfants et petits cousins, ou choisir la robe et les sandales qu’elle portera…

Un ciel liquide,
L’air saturé de ce matin d’affluence,

Quai ligne 12.
La voilà accueillie par un caviar humain baignant dans une ambiance fébrile et maussade en raison d’un malaise voyageur annoncé.
Les minutes s’écoulent imperturbables pour étirer un peu plus le retard inévitable.

Un rugissement libéré par l’obscurité annonce l’arrivée du métro.
Le flot de ceux qui sortent et l’impatience des autres qui se bousculent…
Elle respire profondément pour ne pas laisser la tension ambiante la déséquilibrer.

« Laissez descendre s’il vous plait !! »
Alors s’écarter sans perdre de vue l’entrée ou attendre l’improbable suivant ?

Agglutinés dans le wagon, elle observe tous ces voyageurs ne formant plus qu’un, blottis dans un halo de résignation, le regard porté vers les vitres.
« Ouvrez les fenêtres s’il vous plait !! »

Les portes claquent.
Elle reste sur le quai.
Le métro s’enfuit lourdement,
Elle reste là, son regard accroché aux rails qui s’évanouissent dans la pénombre.
Une voix annonçant la reprise du trafic dans 40 minutes, la secoue et la propulse dans la réalité.

Demi tour,
Elle attrape un taxi,
Le front contre la vitre elle regarde Paname défiler,
Paname qui lui ouvre le passage,
Paname qui exhibe sa beauté, ses différences, ses extravagances, ses opulences et dissimule ses indigences.
Le temps s’étire, s’éternise…

« Ce sera 22€ !! »
Dans sa hâte, les pièces s’éparpillent à ses pieds comme des indulgences sollicitées…
« Bonne journée ! »

Oui ! Ce sera une bonne journée, même si pour ce premier jour La ville est tendue et lui refuse une journée fluide… parce qu’encore dans ses yeux scintille la pluie d’étoiles filantes de ses jours heureux du mois d’aout.

Bonne reprise à tous !

Poudre d’escampette… en zone de houle (volet 3)

Fin juillet,
Une nuit chaude, humide jusqu’à être suffocante, telle une nuit de Madinina égarée à Paname… Elle aime cette atmosphère où les soirs d’été, Miss obscurité s’emplit de murmures jusqu’à ce que Morphée gagne le bras de fer. Elle aime ce silence partagé où le jour attend patiemment qu’on lui cède la place pour enfin s’imposer.

Le réveil sonne et la voilà qui émerge…
Un rêve flotte encore au-dessus d’elle comme une couverture tressée d’instants éphémères.
Elle se lève avec résignation et cette sensation qu’une heure de plus ne serait pas du luxe.
Dans la rue des marteaux piqueurs font déjà entendre leurs voix, laissant planer un rempart de poussière diurne.
Ligne 12, elle se fraye un chemin dans l’allée du métro, passe devant un ado les écouteurs braillards collés aux oreilles ; un monsieur endimanché hurlant dans son portable des choses qui devraient rester privées ; une petite dame plongée dans son journal, la mine défaite, les lèvres pincées.
Finalement elle s’assoit face à une maman et son petit garçon, absorbés par leur conversation.
Elle ferme les yeux un instant et reprend sa respiration.

Ce métro, c’est une part de son quotidien : un concentré d’origines plurielles, qui cohabitent, parfois s’unissent, parfois se repoussent.
Au fil du temps elle est même parvenue a distinguer cette subtile empreinte que la culture appose à chacun de ceux dont elle croise le regard.

Mais aujourd’hui l’atmosphère du métro ressemble à une vitre fêlée, où tout semble l’irriter…
Il y a ce petit garçon qui répond à sa maman de manière évasive,
Il y a sa maman qui dissimule son enquête sous un voile d’empathie pour finalement exploser dans un : « Tu m’as menti !? ».

En un instant cette conversation tenace se matérialise en une dispute qui se propage dans tout le wagon, calfeutrant chaque recoins comme un isolant.
Plus de brouhaha, plus de musique, plus de téléphone, juste l’éclat de leurs voix.
L’enfant cherche un soutien, un secours auquel se raccrocher.
Elle n’ose laisser ce regard innocent dépasser le coin de ses yeux, elle ne peut s’immiscer, alors juste un sourire.
La réalité des enfants n’est elle pas faite de rêve, de jeux, et le mensonge ne s’y mêle t’il pas parfois sans qu’ils s’en rendent compte… ?
La maman finit par envelopper sa menace d’une drôle de grimace, le minot se lève dans un cri aigu doublé d’un rire, et cueille instantanément tous les sourires de ceux qui écoutent.
Une main malhabile, un geste inachevé, et voilà un tendre baiser posé sur son front.

Un vent de soulagement parcours le wagon comme dans le « Happy end » d’un film.
Tout n’était que densité, tout n’est plus que légèreté.

C’est l’essence même de ces instants anodins qu’elle souhaite partager encore, mais pas seulement…
Ces instants qui autrement resteraient à guetter sur les seuils des quais du métro, des arrêts de bus ou les coins de rue.

Mais Myopaname prend la poudre d’escampette, car il est venu le temps des vacances !

Joyeuses vacances !

Suite… « En zone de houle… »

L’été, cette saison où la chaleur de la nuit parfois si lourde, pesante comme une couverture vous oblige à l’insomnie. Cette saison où lorsque la nuit se change en jour, la chaleur encore vous enveloppe sans merci… jusqu’à vous liquéfier.

Fin juin 2015, Paname se réveille tout juste :
Un papier gras de croissant, une canette de bière, quelques mégots ornent le coin d’une rue. Un pigeon solitaire, un vélib’ abandonné, le lot ordinaire des voitures et les cris des éboueurs par-dessus la rue.

Une journée limpide, une tempête de ciel bleu, un soleil déjà plein de suffisance… immensité du mois de juin.

Ligne 12 du métro, la voilà assise, soufflant sur ses mèches de cheveux comme pour livrer bataille à la moiteur ambiante.

Face à elle, un vieil homme, un soupçon nerveux. Son regard oscille entre l’horizon sombre que lui offrent les rails et le smartphone qu’il tient précieusement.
Un « je ne sais quoi » d’inquiétude ricoche en lui pour s’évanouir l’instant d’après. Il l’intrigue, lui semble tel un livre ouvert : elle voit en lui les strates formées par les années. Chaque age, chaque printemps… Elle les voit toutes…

Le wagon bruisse de conversations, mais il lui semble qu’ils ne sont que deux…
L’alarme d’un sms tinte, il sursaute, le consulte, son visage se déforme dans une grimace, ses yeux s’embrument, puis se noient dans les larmes.

Désarçonnée par cette vague d’émotions, elle lui sourit avec compassion, il cueille son sourire au vol comme pour s’y abriter.
Peut-être le prendre dans ses bras, et bercer ses larmes jusqu’à les effacer … ?
Il lui renvoie un sourire qui lui demande de la grâce, de la solidarité, de la discrétion.
Elle est perdue, elle voudrait cerner les contours de cette tâche d’encre qui s’étend et lui couper la route : la douleur.
Elle dissimule son incertitude et son impuissance sous un voile de résolution, soutient son regard avec tendresse et lui tend un mouchoir.

Le crissement des freins, la vague de ceux qui sortent, le vieil homme se lève, se retourne vers elle et lui murmure un « merci » qu’elle lit sur ses lèvres.
Les portes claquent.

La voilà seule, cette émotion lui fait écho et elle se souvient de toute l’encre de ses chagrins, de ses doutes mais aussi des ses petits bonheurs, qu’elle a laissé s’égoutter sur le papier ces derniers mois.

Aujourd’hui, cette rencontre c’est un bout de vie, un bout d’histoire qu’elle emporte dans Paname, les coins poussiéreux des rues, les bistrots, les abris bus…

Elle l’emporte avec elle car elle sait que ce concentré d’émotions finira sur son bloc note… jusqu’à vous !

En zone de houle… ou pas !?

Le printemps, cette saison où les jours se glissent les uns dans les autres, limpides et parfois presque langoureux. Cette lumière qui s’attarde dans la journée et semble attendre la conclusion de la dernière heure…

Mai 2015, sur le quai du métro de Paname, la voilà qui observe cette effervescence quotidienne, tel un film flou passant au ralenti.

Une rame de métro approche, mais elle ne monte pas, les yeux comme dans le vide elle observe encore. Déjà les mots la dépassent, se bousculent et forcent le passage… :

Il y a cet homme le dos courbé, le regard sombre et fuyant enveloppé de silence qui semble couver ses soucis.

Il y a cette jeune femme qui marmonne inlassablement les mêmes mots, s’assoit résignée… ses traits tirés trahissent une énième nuit passée a dormir sur un banc. Elle semble puiser toute son énergie afin que le peu de dignité qui lui reste ne l’abandonne, tel un châle glissant de ses épaules.

Il y a ces trois hommes en treillis bleus estampillés « SECURITE », sillonnant le quai d’un pas sur, dévisageant les uns ou les autres, prêts à décaper, polir l’insécurité.

Il y a Jean Marc qui s’installe tout juste avec ses créations en fil de fer. Il a décidé que sa retraite ne l’isolera pas du reste du monde. Alors venir ici, plonger ses yeux bleus acier dans ceux d’un autre et parler pour se sentir vivant.

Il y a ces enfants joyeux, encadrés par leur instituteur, enveloppés d’un halo d’innocence.

Mais aussi cet homme plongé dans un livre, imperturbable, blotti dans cette bulle de mots.

Cette maman qui referme ses bras sur son bébé tel un voile protecteur.

Cet écolier souriant d’une oreille à l’autre, absorbé par son smartphone, les épaules chargées d’un sac trop lourd.

Ou cet homme, adossé au mur, qui la dévisage avec arrogance, pour se noyer dans l’hésitation lorsque leurs regards se croisent.

Ce concentré de vies lui semble un voyage jusqu’en zone de houle, pour ricocher sur une mer d’huile, puis rien… selon le regard qu’on y pose.

Une nouvelle rame de métro approche, elle monte avec cette sensation de ne pas être restée à la surface miroitante des choses… et si elle a grandi dans « le faire » et non « le paraître », elle espère ne jamais fermer les yeux…

Comme un instant volé au temps…

Madinina… La nuit qui tombe trop vite et reste en suspens dans l’air du matin.
La saison des pluies où le  soleil s’attarde dans la journée et se love dans la moiteur ambiante.
La chaleur qui vous enveloppe sans merci, et l’humidité de la pluie de toute une nuit goulûment absorbée : La couche de peinture sur la table en bois du jardin se décolle, la fine pellicule colorée se recourbe tel le ruban d’un joyeux cadeau, les pages d’un livre abandonné sur une marche de la terrasse se gondolent, le linge sèche à peine étendu, les éclaboussures des jeux d’eau sur la peau aussitôt envolées, les lèvres sèches jusqu’à se fendiller…

Arrive le temps de la « sixième heure du jour », comme un instant volé au temps qui s’écoule.
La voilà, séduisante, tendre, irrésistible qui vous appelle tel un murmure, une caresse… : LA SIESTE
Elle est comme une respiration dans le tumulte de la vie.

Dormir ? Faut-il occulter ce délicieux instant de paresse sous l’excuse : « Je n’ai pas le temps » ou « j’ai plein de trucs à faire »… ?

Au bord de l’eau, sur le sable, au pied d’un arbre, dans un lit ou le creux d’un hamac elle s’impose et vous vous abandonnez enfin.Vous vous abandonnez pour émerger vingt minutes ou deux heures après… sonné, vacillant, engourdi, encore à la lisière du sommeil, d’un souvenir, d’un rêve…

Je me souviens du plaisir gourmand à raconter des histoires, murmurer des chansons à mes enfants pour qu’ils rentrent dans la sieste parés d’images ou de mélodies. Et malgré moi mes yeux qui se fermaient…

Je me souviens d’une sieste volée par une tablée d’amis joyeux que je ne voulais abandonner…

Je me souviens de siestes enveloppées de bonheur…

Et vous …?

Et demain…

Un ciel lumineux et limpide, un soleil de plomb, une ligne de départ pour une course de relais.
Les pieds calés dans les starting-blocks, le témoin blotti précieusement dans la main, une goutte de sueur perle sur sa tempe pour marquer sa concentration, sa détermination.
Il aime ce silence qu’impose le soleil, comme à l’heure de la sieste au pays des cigales. Silence et vent de fébrilité, d’impatience planent sur le stade.

Le vent…
Il pourrait être les Alysées soulevant des ambruns vanillés, une bise enivrante annonçant le printemps ou le mistral si puissant, doté de ce caractère dominant tel la région qu’il traverse.
Il est tous ces vents à la fois…

Il y a son sourire, la couleur de sa peau, de ses yeux, mais pas seulement ! Il y a la façon dont il voit le monde, sa part de singularité, ses origines plurielles, son passé, son histoire, son sang, son nom, comme les morceaux d’un puzzle qui composent son héritage.

Cet héritage le définit avec puissance, il définit le cœur de son esprit.

Alors aujourd’hui, porté par l’ivresse de la détermination, de l’envie, il va courir pour transmettre le témoin, comme il rêve de transmettre sa culture, son histoire…
Transmettre pour donner des repères, des références, se forger une identité.
Transmettre pour espérer la continuité des siens et secrètement de l’humanité, riche d’expériences, de racines, de diversité.
Transmettre pour ne pas voire ce puzzle abandonné dans quelques vieilles boîtes au fond d’un grenier sans âme.
Transmettre pour lutter contre l’oubli.
Transmettre pour ne pas ressentir la douleur du vide, comme si on lui ouvrait la main de force pour lui prendre ce qui lui appartient.
Transmettre pour que ses suivants n’aient jamais le désir d’arracher ses racines auxquelles il tient et souffler dessus pour en ôter la terre.

Alors l’athlète lève les yeux vers l’horizon et furtivement effleure cet infini plaisir d’imaginer ses enfants, ses petits enfants porter ce témoin et le transmettre à leur tour.

Un éclat de lumière ricoche sur le starter…
3… 2… 1… Top départ !

 

 

Suite… Le regard d’un enfant – Petit d’homme

Un petit train en bois et le regard victorieux de ce petit d’homme haut comme trois pommes, qui vient d’achever le montage de chacune des pièces, pour qu’enfin la locomotive puisse avancer, pousser son sifflet à tue-tête et annoncer le top départ.

Une bulle de savon qui s’enfuit poussée par le vent, le regard émerveillé de ce petit d’homme qui tend les mains pour l’attraper.

Un tableau noir, une craie guidée par une main hésitante, le regard pétillant de ce petit d’homme qui achève la dernière boucle d’une lettre parmi d’autres pour dire « je t’aime ».

Un cornet de glace, comme une tâche de peinture sur les pavés, le regard débordant de larmes pour ce délice laissé échappé.

Les saisons se succèdent tel un éternel recommencement et son regard n’a de cesse de s’ouvrir aux petits bonheurs de la vie. Mais déjà ce petit d’homme vacille entre le monde de l’enfant et celui de l’adulte.

Elle est rassurée lorsque, encore, elle peut croquer ce regard d’enfant à travers son objectif, son crayon, ou juste garder précieusement dans sa mémoire :
Des petits riens ?

Des yeux rieurs et gourmands lorsqu’il dévore une barba papa,
Des yeux tendres et inquiets lorsqu’il prend soin de son chat,
Des yeux observateurs lorsqu’en été, buvant une boisson fraîche, son verre se colore de buée
Des yeux interrogateurs lorsque inlassablement … « dis maman… pourquoi? »

Des yeux… le reflet de l’âme.

Elle perd un instant l’équilibre lorsqu’elle l’accompagne dans un choix de vie pour qu’il s’épanouisse et que le meilleur s’en suive. Elle perd l’équilibre car elle craint que « flirter » avec ce monde d’adultes le fasse grandir trop vite.
Cette émotion comme lorsqu’on entend un bruit, qu’on se retourne et s’est déjà presque trop tard.

Cette émotion quand les choses semblent vous échapper…

Si son enfant grandi, elle doit grandir aussi … et juste être là.

Alors aujourd’hui elle marche… elle marche sous ce soleil d’hiver qui l’enveloppe pour la protéger de cette onde froide, tels les bras d’une maman qui délicieusement serre son enfant sur son coeur pour lui apporter chaleur, tendresse et amour.
Aujourd’hui son coeur bat la chamade car ensemble ils ont déjà grandi, qu’elle le sait fort de son héritage et de tous ces petits bonheurs de la vie qu’elle lui a appris.
L’héritage… l’essentiel n’est il pas ce que l’on en fait ?

Questions – réponses… n°2

Deux degrés, un froid pénétrant, un ciel chargé de flocons qui attendent le feu vert pour s’engouffrer dans une chute vertigineuse et venir se poser là où le ciel leur permettra…
Blottie devant la cheminée, enveloppée dans une chaleur rassurante, mon ordi sur les genoux, je lis et relis les quelques mails, messages reçus des visiteurs de Myopaname.

Voilà cinq mois que ce blog respire au rythme de mes émotions, plus de 5500 visiteurs au compteur, et j’avoues avoir refusé des commentaires, ignoré des mails de lecteurs, car parfois trop brutals, ou juste m’obligeant à m’aventurer sur un sentier fragile qui n’est pas l’objet de ce blog… Alors comme « d’hab », je m’autorise une pause, un temps de réflexion, pour peut être dire…

Des questions ? On me demande de m’exposer, de prendre position, est-ce que j’ai peur ? Est-ce que… ?
A chaque fois que je dépose un essai, je m’expose déjà, puisque j’y apporte mes nuances qui sont du domaine de l’intime. Il y aura toujours des lecteurs pour ne pas être d’accord, ne pas aimer ce que j’écris. Mais il y a aussi de délicieux retours et ne rien oser est certainement la route pour ne jamais savoir…
Mon Super Oncle AL1 me dirait certainement : « Myo, pour nager il faut se mouiller, l’eau est toujours un peu froide à la première baignade. Mais après avoir surmonté tes craintes, tu deviendras vite comme un poisson dans l’eau »

Alors j’imagine des yeux interrogateurs, des lèvres pincées, des sourcils froncés ou des sourires inquisiteurs. Dois-je être rassurée…?

Je me lance, hésitante, tel un plongeur qui prend sa respiration avant le grand saut…
Aie aie… comment dire l’essentiel, rester cohérente ?
Je choisis une ballade à travers ces dernières semaines pour laisser entrevoir des réponses.
Parler en général et en particulier…

Reprenons :

Fin 2014, instants partagés avec ma famille… sérénité et paix débordante.
Fin 2014, inondés par les médias de rétrospectives nous invitant à conclure si cette année qui s’achève a été difficile ou pas.
Non ! Pas de conclusion ! 2014 ne peut se résumer à une seule chose. Etre à la porte de 2015 ne signifie pas que j’en ai terminé avec hier. Le passé n’est il pas une référence ? Ne doit il pas nous apprendre, nous faire grandir, nous renforcer et surtout ne pas nous entraver pour l’avenir ?

1er janvier 2015, inondée par les précieux messages de ceux qui font ma force : famille, amis. Une question commune qui m’amuse : « Alors Myo… des résolutions pour 2015? »
Quoi ? Des résolutions ? Pour faire mieux ? Pour m’améliorer, me noyer dans les remords et la culpabilité… « J’aurais dû…! » … « Si j’avais su… »
Pour enterrer le passer ?
Non je ne suis pas fuyante et ne renie pas hier !
Alors juste accepter ce qui fait de moi ce que je suis aujourd’hui, telle la poutre d’une charpente pour renforcer l’édifice qui est LA VIE.

11 janvier 2015, des bougies pour fêter l’anniversaire de mon plus jeune fils. Des yeux pétillants, des rires et un regard d’enfant tourné vers l’avenir.
11 janvier 2015, place de la Nation à Paris, assommée par les attaques terroriste qui ont secouées tout un pays et telle une onde de choc tant d’autres pays…
Je marche dans cette marrée humaine qui vibre pour une même cause : LA LIBERTE
Je marche avec cette foule unie pour dire non à ceux qui assassinent et terrorisent au nom d’une religion dont ils se réclament en en violant l’esprit !
Je marche parce que profondément je me sens citoyen du monde et que je refuse toute forme de discrimination. #save freedom
Ce jour là en marchant je n’ai de cesse de rester concentrée sur ce hastag qui motive ma présence. Mais mon coeur est tiraillé par tant de questions : De quelle liberté parlons nous ? Y a t’il deux poids deux mesures ? N’est-ce pas la France, les Etats-Unis et l’Allemagne qui ont bombardé les bâtiments de la RTS (équivalent de TF1 en France) à Belgrade en 1999… « cible militaire ? » Résultat : 16 journalistes tués.

18 janvier 2015, Place du Trocadéro à Paris, réunis pour dénoncer les exactions des extrémistes qui sèment la terreur au Nigéria et au Cameroun. #save freedom.
Bien moins nombreux que le 11 janvier… pourquoi ? Une information à deux vitesses ? Avons nous oublié le Rwanda ? L’histoire n’a pas de mémoire ?
En lien avec quelques « happy few » de l’humanitaire, suis-je plus informée et sensibilisée ?
Non ! Je n’espère pas me donner bonne conscience en m’unissant à la foule, mais je peux devenir un lutteur infatigable face à l’insoutenable et l’injustice.

19 janvier 2015, Café de l’Olive dans le 18è à Paris. Une ambiance chaleureuse, un café partagé avec des « New Zélandais » et amis. Un instant authentique qui fait du bien.
19 janvier 2015, Martin Luther King Day.
 Inondée sur les réseaux sociaux de rappels à ses Grands Discours qu’il me semble connaitre par coeur pour les avoir lus et relus plus jeune. Inondée par les commentaires de ceux qui s’approprient ces mots pour réveiller les consciences ou leur propre conscience…
Un jour de commémoration pour dépoussiérer les photos et discours de ce Grand Homme, restés au fond d’un tiroir ? Un jour de commémoration nécessaire pour nous rappeler cet héritage fait de lutte contre l’injustice et pour la paix. Ce jour vient étrangement en réponse à ce que la haine et la violence ont produits ces derniers jours…

Les jours suivants défilent avec ce je ne sais quoi d’indéfinissable dans l’air…

Dans les couloirs du métro, escaladant les marches quatre à quatre, je trébuche… franche rigolade… des mains se tendent. Des mains accompagnées d’un sourire, un clin d’oeil, un mot gentil. A cet instant, ce geste ordinaire et bienveillant est porteur de sens.

25 janvier 2015, un dimanche ordinaire tout en simplicité, un mail des « wonders » pour envisager un dîner … je me réjouis d’avance car elles me manquent.

30 janvier 2015, un jour particulier, une grande première : j’anime un groupe de parole sur la foi… celle dénuée de toute religion, celle qui repousse le doute, la crainte, la lâcheté, celle qui cultive l’humilité, la raison, la compassion. Partagée entre force, assurance et fragilité, j’ai l’impression de marcher sur des oeufs. Serais-je à la hauteur ? Chacun des participants semblent vaciller avec moi. Je me ressaisie, respire profondément, commence par un sourire. Je suis là….

Wow ! Janvier est un concentré d’émotions sans mesures. Le voilà déjà en train de prendre la poudre d’escampette pour laisser février nous embarquer.

Alors pour 2015 ? Choisir un mot qui en serait l’étendard… Les mots se bousculent : la paix, la foi, la liberté…
Je crois en L’amitié, la sincérité, la liberté
Je crois au respect, l’honnêteté, la tolérance
Je crois en un monde meilleur
Alors l’évidence vient me chatouiller avec un mot : WHOLEHEARTED
L’AUTHENTICITE sans réserve,
S’engager pleinement dans la vie tout en acceptant d’être vulnérable.
S’engager dans le présent et poursuivre son chemin avec le bonheur d’être avec ceux que j’aime et qui me le renvoient sans négociation aucune.
Le bonheur d’être, quelque soit mes doutes, mes défauts (défauts que vous devinez entre les lignes de ce déroulé) et me dire que chaque jour est un cadeau.

Et si demain était une… porte

Janvier 2015
Une journée ordinaire…

Son sac mis en bandoulière, ses dossiers sous le bras, un dernier coup d’œil dans le miroir, elle souffle sur sa frange levant les yeux au ciel…
Reste à traverser le couloir enveloppé d’une lumière chaude, fermer la porte et se précipiter dans l’air du temps, dans le rythme tourbillonnant de Paname…
Contemplant un instant ce couloir doté d’une ambiance de film, elle s’octroie un arrêt sur image : Dans une légère pénombre, les rayons du soleil striaient le corridor de traits réguliers mettant en lumière les milliers de particules en apesanteur. Baignant dans un clair-obscur, les nuances de cette lumière contrastante soulignaient les portes affleurant les murs qui les encadraient.

Les portes…
Plus elles sont vieilles et plus elles portent les louanges ou les outrages du passé, les bienveillances ou les colères de ceux qui les ont poussées.
Combien de vies, de destins s’y sont succédés…?

Non, nul besoin de soulever la poignée ou de toquer… ces portes là invitent à un voyage :
Symboliquement, elle s’avance devant la première, fébrile de ce que son imaginaire lui commandera.
A peine entrebâillée, le silence précieusement gardé vient l’envelopper. Ce silence qui fait du bien à l’âme, celui qui autorise à se livrer comme dans un cloître où l’on se recueille. Ce silence, où la raison, empreinte du passé, des expériences, des intuitions, s’efface pour laisser l’âme en paix.

Délicatement, elle se plaque contre la suivante : Des murmures d’enfants terminant en éclats de rire, le bruit sourd d’une bataille de polochons… tel une bouffée d’innocence et de souvenirs.

Forte de ce bien être, elle court rejoindre une porte usée par le temps, sculptée avec soin, empreinte de la main de son ébéniste : Derrière, une seule bougie vient éclairer la pièce, soutenue par le feu de la cheminée qui crépite. Les ombres des flammes viennent habiller les murs et caresser la silhouette d’un vieil homme. IL est la sagesse. Il est celui qui a appris de la vie. Il lève les yeux sur elle, elle lui renvoie un sourire car elle sait déjà que la sagesse commence par la connaissance de soi et signifie la fin de ses craintes, forte de l’amour et de l’amitié de ceux qui l’entourent sans négociation aucune…

Une grande respiration et la voilà devant une porte multicolore qui lui ressemble : Sans hésitation elle la pousse. S’échappent alors des parfums qui annoncent le voyage, qui la renvoient à ses origines qu’elle porte si fièrement. Et s’il n’existe pas dans le ciel deux flocons de neige identiques, elle sait qu’elle sera toujours la différence d’un autre. Cette même différence qu’elle cultive pour enseigner aux siens la tolérance et le respect de la diversité. C’est si grisant de côtoyer d’autres cultures et de partager…

Un courant d’air chaud l’attire. Elle résiste et décide de ne pas tourner la poignée. Délicieusement, elle s’adosse contre ce bois qui semble respirer, vibrer.
Tour à tour, parfum de pluie, de sable chaud, herbe gelée, onde glaciale ou Alysée viennent chatouiller ses sens. Ce sont les saisons… Un frisson de plaisir vient la secouer, elle voudrait toutes les embrasser.

Dans un grand bruit ses dossiers viennent de lui échapper pour s’éparpiller sur le sol.
A la hâte elle les rassemble car il est temps.
Il est temps d’ouvrir la porte de la maison, de filer droit dans le tumulte, les bruits, les lumières de l’air du temps de 2015.

Et si cette nouvelle année lui semble une porte massive chargée d’inconnues, c’est avec assurance qu’elle devrait la franchir…