« Dis… tu crois en quoi ? »

Ecrire… ce projecteur, cette lumière sur les émotions.
Ecrire… et rêver donner un éclat sur l’anodin, le transformer en un bien précieux et rare.
Ecrire… pour raconter les envolées, les états d’âme, la vie en toute simplicité qu’un seul mot pourrait changer en épopée.

Aujourd’hui, elle se noie dans la fin de sa tasse de café… le café est froid.
Se dit qu’elle pourrait retourner dans son lit et se lover dans l’empreinte encore tiède que son corps a laissé dans la nuit…
Aujourd’hui, ses mots lui semblent tellement élimés qu’on y voit au travers… comme la vie ténue et fragile avant la prochaine virgule.

Un fragment de lassitude ?
Tenir alors la nostalgie à distance et s’arrimer au présent ?
Ambivalence des sentiments : plénitude et vide.

Le tic-tac de l’horloge rythme ce silence trouble.

Elle laisse tomber ses pensées comme des miettes de pain.

Admire le soleil qui prend son tour de garde pour éclairer le monde, et sans préambule se répand dans la pièce comme pour lui reprocher son humeur morose.

Ces dernières semaines, assommée par les blessures du monde et ses propres batailles, une peur sourde l’enferme dans des mots qu’on ne prononce pas.
Cette peur là, elle croyait en avoir fini !
Imprévisible, soudaine, sur le quai du métro, dans une boutique, à un carrefour alors qu’elle traverse la rue !
Elle surgit insidieuse, pour devenir chagrin et douleur !
La peur, c’est la brèche invisible qui se creuse au fond de son ventre, les images, les résonnances, l’écho d’un bruit ou d’un silence qui la réveillent au cœur de la nuit…
Alors ne pas l’ignorer… la regarder droit dans les yeux !

Tout donner et recevoir le monde entier, voilà la naïveté dont elle s’était vêtue comme d’une couverture.

Sommes nous de si petites choses que le monde continu de tourner sans se soucier ?

A l’abri de sa maison, tout respire la paix des gestes du quotidien.
Elle a besoin du silence des mots écrits.

Portée par la conscience de cette émotion à laquelle la vie la soumet, elle sait qu’il faut faire avec…
Et si quelque chose a vacillé une fois encore, n’est ce pas au cœur des bouffées de joie, de colère, de désarroi, de peur, au cœur des émotions que l’on trouve le carburant de la vie ?

Elle se remémore soudain ce minot du coin de la rue du marché de l’Olive, avec le rire de son âge sur les lèvres, qui jouait a défier les adultes avec toujours la même question : « Dis Madame… tu crois en quoi ? »
Elle le regarde amusée : « Je crois en ce qui nous rend vivant… »

….

« I learn that courage was not the absence of fear,
but the triumph overt it.
The brave man is not he who does not feel afraid,
but he who conquers that fear. » Nelson Mandela

Ici en illustration : street art de Seth Julien, graveur de la scène Parisienne, il peint les enfants de ses voyages avec ce je ne sais quoi de magique.

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8 mars 2016…

Un soleil chétif qui se lève,
Des flaques d’eau saisies par le froid, devenues miroirs,
Des flocons, suspendues en apesanteur, leurs murmures feutrés et ce silence blanc cloué à terre.
Elle observe le ciel laiteux et son escadrille de nuages, comme déposés en équilibre sur les toits des immeubles, prêts à basculer.

L’hiver abuse de son dernier souffle,
L’hiver use de son froid insidieux pour faire impression, pour une sortie magistrale avant la saison nouvelle.
Déjà Dame Nature dévoile les signes d’un printemps précoce : chaque arbre, chaque buisson, chaque brindille semblent sous tension, comme prêts a exploser pour dévoiler un secret précieusement gardé.
L’hiver doit lâcher prise…

Blottie sous le porche, elle attend patiemment que le déluge expire. Elle respire tranquillement l’indifférence de ceux qui passent, comme un calme enveloppant.
Sur le mur, en face, une immense affiche, le visage d’une vieille femme, et ces mots : « 8 mars, un siècle de combats : journée internationale de la femme ».
Il lui semble voir toute la vie de cette femme dans les creux de ses rides… toute l’histoire des femmes. Dans son regard, une infinie tendresse, mêlée d’espoir et de détermination.

Il y a des jours, plus que d’autres, où l’on saisie son histoire, où se révèle ce que nous sommes…
Alors le 8 mars,
Un jour pour dépoussiérer les photos, les batailles de celles qui ont refusé l’injustice ?
Un jour pour rappeler cet héritage, que rien est vain, que le chemin est encore long, mais qu’il ne faut pas abandonner.

Les mots coulent sur elle, comme la pluie ruisselle sur l’affiche pour en mélanger les couleurs, jusqu’a la rendre transparente. Elle s’émiette sous ses yeux, si fragile, si vulnérable…

Elle comprend soudain que si chaque jour devrait être un 8 mars, qu’un seul puisse réveiller les consciences est déjà une victoire.
Alors continuer d’écrire avant que tout s’évanouisse, avant que les fines particules de l’oubli envahissent les essentiels de l’histoire.

Dans une déchirure du ciel, inattendu, un rayon de soleil, comme une lueur d’espoir.

Aujourd’hui, 8 mars 2016, elle se sent vulnérable et résolue.
Aujourd’hui, 8 mars 2016, elle décide de marcher jusqu’à l’engourdissement, jusqu’à l’ivresse. Marcher avec ces femmes ordinaires qui ont fait l’histoire.

A toutes les Femmes du monde entier
A ma Maman
A ma Sœur
A mes Amies

En illustration, Portrait de femme : Street Art de Herakut, artiste à quatre mains (celles de Akut un graffeur, et celles d’Hera, une peintre) 

Des mots d’A…..

L’hiver et ce silence froid…
L’étirement du brouillard qui trébuche à chaque trottoir pour s’évaporer sous les portes cochères.
L’orage qui éclate et rempli ce même silence..
L’aube et des rêves doux, apaisant comme un serment d’affection qui se verrouillent lorsqu’elle émerge aux premières lueurs.

Elle laisse le fracas de l’eau engourdir son ouïe,
Marche avec hâte, sentant la présence muette des arbres qui bordent la rue, sentant le froid qui chuchote contre sa peau pour s’immiscer jusque dans ses muscles…
A peine réveillée, débordante d’une énergie silencieuse et cette sensation que le monde lui appartient…

Elle pousse la porte du café et sent l’air chaud fendre le froid de l’extérieur.
Envoie des sourires, cueille ceux qu’on lui offre, et chante un « Bonjour Lucie », l’âme de ce lieu chaleureux.
Lance des mots qui polissent les petites choses du quotidien à quelques habitués, d’un regard embrasse la salle pour chercher ses Amies.

Ses Amies…
Elles sont les fous rires, la passion, les grands discours, les envolées, les larmes, les grands silences.
Elles sont la réflexion, l’assurance, les convictions saupoudrées de doutes.
Elles devinent ses préoccupations, ses humeurs espiègles, divergentes, parfois instables.
Elles savent écouter les blancs entre ses mots.
Elles devinent et prennent la mesure de ses batailles, aussi dérisoires ou puissants sont les enjeux.
Combien de tartines à la confiture de larmes ou de rigolade partagées ?
Elles sont avec sa famille son centre de gravité.

Sentant l’arôme rassurant de sa tasse de café, elle les observe avec tendresse.
Cherche les mots pour les décrire, reformule sans cesse.
Ses mots s’enroulent autour de ses pensées, chargés d’émotion et de reconnaissance.
Ce matin le café diffuse dans l’épaisseur de l’air un parfum de légèreté, de complicité et d’amour.

Il faut aller dans la vie pour écrire la vie !
Mais de quoi parle t’elle ?
De l’Amitié avec un grand « A », bande de foule sentimentale !

Une étincelle…

Fin octobre,
Le vent soulève les feuilles mortes dans un bruit de papier froissé.
Le soleil à travers les feuillages, dessine des taches de lumière et joue une symphonie de couleurs exaltées par ses rayons.

Il admire la brume de ces matins d’automne, l’indolence à demi-mot de Paname prête pour le coup d’envoi de chaque nouvelle journée.
Dans le ciel, des oiseaux en formation serrée… ces voyageurs qui portent tout ce qu’ils ont vu en silence.

Juste un ciel en majesté…

Pourtant il appréhende cette saison où les jours sont suspendus dans l’ombre trop tôt, où les nuits arrivent trop vite !

Aujourd’hui, il se lève en supportant la douleur d’une inquiétude sourde…
Alors balayer cette pensée ?
L’ignorer ?
Rester recroquevillé sur le bord de la vie en attendant qu’elle passe ?
Il ose rêver d’un monde aux contours lisses et perméables.
Un monde où tout serait livré avec une notice, un mode d’emploi : « Attention zone de houle » ; « Ici chemin au bonheur palpable » ou « danger, ici désillusion »…
Il rit de ses pensées !
Il imagine que tout savoir, tout comprendre, tout maîtriser, atténuerait les choses et s’applique à chasser ses idées sombres les unes après les autres avant même qu’elles ne deviennent des mots.
Il faut les gommer à la source !
Tout effacer, ou presque et ne percevoir plus que l’entaille de cette inquiétude comme une infime cicatrice.
La voir fondre à ses pieds, basculer dans le passé et n’être conjuguée plus qu’à l’imparfait…

Alors si ces derniers jours, il chausse ses bottes de soldat pour affronter ses détracteurs, il sait avec force que famille, amis sont son point d’encrage sur la paroi glissante de la vie.

Il se sent brusquement conscient de l’instant présent et de cette force commune qui est leur alliée à tous.
N’est-ce pas là le cœur de son énergie ?

Si on ne chasse pas l’écho d’un silence, d’un doute d’une inquiétude… comme on gomme une esquisse,
Ce matin lui offre ce magnifique cadeau de se savoir debout, conquérant, aimé… vivant !

Il ne lui reste plus qu’à cueillir en plein vol chaque étincelle de la vie, laisser ses pensées sombres s’éclipser par la porte de derrière pour que demain le dernier mot lui appartienne !

Demain nous serons vainqueurs
Demain nous serons vingt cœurs, et plus encore…

Et demain…

Un ciel lumineux et limpide, un soleil de plomb, une ligne de départ pour une course de relais.
Les pieds calés dans les starting-blocks, le témoin blotti précieusement dans la main, une goutte de sueur perle sur sa tempe pour marquer sa concentration, sa détermination.
Il aime ce silence qu’impose le soleil, comme à l’heure de la sieste au pays des cigales. Silence et vent de fébrilité, d’impatience planent sur le stade.

Le vent…
Il pourrait être les Alysées soulevant des ambruns vanillés, une bise enivrante annonçant le printemps ou le mistral si puissant, doté de ce caractère dominant tel la région qu’il traverse.
Il est tous ces vents à la fois…

Il y a son sourire, la couleur de sa peau, de ses yeux, mais pas seulement ! Il y a la façon dont il voit le monde, sa part de singularité, ses origines plurielles, son passé, son histoire, son sang, son nom, comme les morceaux d’un puzzle qui composent son héritage.

Cet héritage le définit avec puissance, il définit le cœur de son esprit.

Alors aujourd’hui, porté par l’ivresse de la détermination, de l’envie, il va courir pour transmettre le témoin, comme il rêve de transmettre sa culture, son histoire…
Transmettre pour donner des repères, des références, se forger une identité.
Transmettre pour espérer la continuité des siens et secrètement de l’humanité, riche d’expériences, de racines, de diversité.
Transmettre pour ne pas voire ce puzzle abandonné dans quelques vieilles boîtes au fond d’un grenier sans âme.
Transmettre pour lutter contre l’oubli.
Transmettre pour ne pas ressentir la douleur du vide, comme si on lui ouvrait la main de force pour lui prendre ce qui lui appartient.
Transmettre pour que ses suivants n’aient jamais le désir d’arracher ses racines auxquelles il tient et souffler dessus pour en ôter la terre.

Alors l’athlète lève les yeux vers l’horizon et furtivement effleure cet infini plaisir d’imaginer ses enfants, ses petits enfants porter ce témoin et le transmettre à leur tour.

Un éclat de lumière ricoche sur le starter…
3… 2… 1… Top départ !

 

 

Suite… Le regard d’un enfant – Petit d’homme

Un petit train en bois et le regard victorieux de ce petit d’homme haut comme trois pommes, qui vient d’achever le montage de chacune des pièces, pour qu’enfin la locomotive puisse avancer, pousser son sifflet à tue-tête et annoncer le top départ.

Une bulle de savon qui s’enfuit poussée par le vent, le regard émerveillé de ce petit d’homme qui tend les mains pour l’attraper.

Un tableau noir, une craie guidée par une main hésitante, le regard pétillant de ce petit d’homme qui achève la dernière boucle d’une lettre parmi d’autres pour dire « je t’aime ».

Un cornet de glace, comme une tâche de peinture sur les pavés, le regard débordant de larmes pour ce délice laissé échappé.

Les saisons se succèdent tel un éternel recommencement et son regard n’a de cesse de s’ouvrir aux petits bonheurs de la vie. Mais déjà ce petit d’homme vacille entre le monde de l’enfant et celui de l’adulte.

Elle est rassurée lorsque, encore, elle peut croquer ce regard d’enfant à travers son objectif, son crayon, ou juste garder précieusement dans sa mémoire :
Des petits riens ?

Des yeux rieurs et gourmands lorsqu’il dévore une barba papa,
Des yeux tendres et inquiets lorsqu’il prend soin de son chat,
Des yeux observateurs lorsqu’en été, buvant une boisson fraîche, son verre se colore de buée
Des yeux interrogateurs lorsque inlassablement … « dis maman… pourquoi? »

Des yeux… le reflet de l’âme.

Elle perd un instant l’équilibre lorsqu’elle l’accompagne dans un choix de vie pour qu’il s’épanouisse et que le meilleur s’en suive. Elle perd l’équilibre car elle craint que « flirter » avec ce monde d’adultes le fasse grandir trop vite.
Cette émotion comme lorsqu’on entend un bruit, qu’on se retourne et s’est déjà presque trop tard.

Cette émotion quand les choses semblent vous échapper…

Si son enfant grandi, elle doit grandir aussi … et juste être là.

Alors aujourd’hui elle marche… elle marche sous ce soleil d’hiver qui l’enveloppe pour la protéger de cette onde froide, tels les bras d’une maman qui délicieusement serre son enfant sur son coeur pour lui apporter chaleur, tendresse et amour.
Aujourd’hui son coeur bat la chamade car ensemble ils ont déjà grandi, qu’elle le sait fort de son héritage et de tous ces petits bonheurs de la vie qu’elle lui a appris.
L’héritage… l’essentiel n’est il pas ce que l’on en fait ?

Questions – réponses… n°2

Deux degrés, un froid pénétrant, un ciel chargé de flocons qui attendent le feu vert pour s’engouffrer dans une chute vertigineuse et venir se poser là où le ciel leur permettra…
Blottie devant la cheminée, enveloppée dans une chaleur rassurante, mon ordi sur les genoux, je lis et relis les quelques mails, messages reçus des visiteurs de Myopaname.

Voilà cinq mois que ce blog respire au rythme de mes émotions, plus de 5500 visiteurs au compteur, et j’avoues avoir refusé des commentaires, ignoré des mails de lecteurs, car parfois trop brutals, ou juste m’obligeant à m’aventurer sur un sentier fragile qui n’est pas l’objet de ce blog… Alors comme « d’hab », je m’autorise une pause, un temps de réflexion, pour peut être dire…

Des questions ? On me demande de m’exposer, de prendre position, est-ce que j’ai peur ? Est-ce que… ?
A chaque fois que je dépose un essai, je m’expose déjà, puisque j’y apporte mes nuances qui sont du domaine de l’intime. Il y aura toujours des lecteurs pour ne pas être d’accord, ne pas aimer ce que j’écris. Mais il y a aussi de délicieux retours et ne rien oser est certainement la route pour ne jamais savoir…
Mon Super Oncle AL1 me dirait certainement : « Myo, pour nager il faut se mouiller, l’eau est toujours un peu froide à la première baignade. Mais après avoir surmonté tes craintes, tu deviendras vite comme un poisson dans l’eau »

Alors j’imagine des yeux interrogateurs, des lèvres pincées, des sourcils froncés ou des sourires inquisiteurs. Dois-je être rassurée…?

Je me lance, hésitante, tel un plongeur qui prend sa respiration avant le grand saut…
Aie aie… comment dire l’essentiel, rester cohérente ?
Je choisis une ballade à travers ces dernières semaines pour laisser entrevoir des réponses.
Parler en général et en particulier…

Reprenons :

Fin 2014, instants partagés avec ma famille… sérénité et paix débordante.
Fin 2014, inondés par les médias de rétrospectives nous invitant à conclure si cette année qui s’achève a été difficile ou pas.
Non ! Pas de conclusion ! 2014 ne peut se résumer à une seule chose. Etre à la porte de 2015 ne signifie pas que j’en ai terminé avec hier. Le passé n’est il pas une référence ? Ne doit il pas nous apprendre, nous faire grandir, nous renforcer et surtout ne pas nous entraver pour l’avenir ?

1er janvier 2015, inondée par les précieux messages de ceux qui font ma force : famille, amis. Une question commune qui m’amuse : « Alors Myo… des résolutions pour 2015? »
Quoi ? Des résolutions ? Pour faire mieux ? Pour m’améliorer, me noyer dans les remords et la culpabilité… « J’aurais dû…! » … « Si j’avais su… »
Pour enterrer le passer ?
Non je ne suis pas fuyante et ne renie pas hier !
Alors juste accepter ce qui fait de moi ce que je suis aujourd’hui, telle la poutre d’une charpente pour renforcer l’édifice qui est LA VIE.

11 janvier 2015, des bougies pour fêter l’anniversaire de mon plus jeune fils. Des yeux pétillants, des rires et un regard d’enfant tourné vers l’avenir.
11 janvier 2015, place de la Nation à Paris, assommée par les attaques terroriste qui ont secouées tout un pays et telle une onde de choc tant d’autres pays…
Je marche dans cette marrée humaine qui vibre pour une même cause : LA LIBERTE
Je marche avec cette foule unie pour dire non à ceux qui assassinent et terrorisent au nom d’une religion dont ils se réclament en en violant l’esprit !
Je marche parce que profondément je me sens citoyen du monde et que je refuse toute forme de discrimination. #save freedom
Ce jour là en marchant je n’ai de cesse de rester concentrée sur ce hastag qui motive ma présence. Mais mon coeur est tiraillé par tant de questions : De quelle liberté parlons nous ? Y a t’il deux poids deux mesures ? N’est-ce pas la France, les Etats-Unis et l’Allemagne qui ont bombardé les bâtiments de la RTS (équivalent de TF1 en France) à Belgrade en 1999… « cible militaire ? » Résultat : 16 journalistes tués.

18 janvier 2015, Place du Trocadéro à Paris, réunis pour dénoncer les exactions des extrémistes qui sèment la terreur au Nigéria et au Cameroun. #save freedom.
Bien moins nombreux que le 11 janvier… pourquoi ? Une information à deux vitesses ? Avons nous oublié le Rwanda ? L’histoire n’a pas de mémoire ?
En lien avec quelques « happy few » de l’humanitaire, suis-je plus informée et sensibilisée ?
Non ! Je n’espère pas me donner bonne conscience en m’unissant à la foule, mais je peux devenir un lutteur infatigable face à l’insoutenable et l’injustice.

19 janvier 2015, Café de l’Olive dans le 18è à Paris. Une ambiance chaleureuse, un café partagé avec des « New Zélandais » et amis. Un instant authentique qui fait du bien.
19 janvier 2015, Martin Luther King Day.
 Inondée sur les réseaux sociaux de rappels à ses Grands Discours qu’il me semble connaitre par coeur pour les avoir lus et relus plus jeune. Inondée par les commentaires de ceux qui s’approprient ces mots pour réveiller les consciences ou leur propre conscience…
Un jour de commémoration pour dépoussiérer les photos et discours de ce Grand Homme, restés au fond d’un tiroir ? Un jour de commémoration nécessaire pour nous rappeler cet héritage fait de lutte contre l’injustice et pour la paix. Ce jour vient étrangement en réponse à ce que la haine et la violence ont produits ces derniers jours…

Les jours suivants défilent avec ce je ne sais quoi d’indéfinissable dans l’air…

Dans les couloirs du métro, escaladant les marches quatre à quatre, je trébuche… franche rigolade… des mains se tendent. Des mains accompagnées d’un sourire, un clin d’oeil, un mot gentil. A cet instant, ce geste ordinaire et bienveillant est porteur de sens.

25 janvier 2015, un dimanche ordinaire tout en simplicité, un mail des « wonders » pour envisager un dîner … je me réjouis d’avance car elles me manquent.

30 janvier 2015, un jour particulier, une grande première : j’anime un groupe de parole sur la foi… celle dénuée de toute religion, celle qui repousse le doute, la crainte, la lâcheté, celle qui cultive l’humilité, la raison, la compassion. Partagée entre force, assurance et fragilité, j’ai l’impression de marcher sur des oeufs. Serais-je à la hauteur ? Chacun des participants semblent vaciller avec moi. Je me ressaisie, respire profondément, commence par un sourire. Je suis là….

Wow ! Janvier est un concentré d’émotions sans mesures. Le voilà déjà en train de prendre la poudre d’escampette pour laisser février nous embarquer.

Alors pour 2015 ? Choisir un mot qui en serait l’étendard… Les mots se bousculent : la paix, la foi, la liberté…
Je crois en L’amitié, la sincérité, la liberté
Je crois au respect, l’honnêteté, la tolérance
Je crois en un monde meilleur
Alors l’évidence vient me chatouiller avec un mot : WHOLEHEARTED
L’AUTHENTICITE sans réserve,
S’engager pleinement dans la vie tout en acceptant d’être vulnérable.
S’engager dans le présent et poursuivre son chemin avec le bonheur d’être avec ceux que j’aime et qui me le renvoient sans négociation aucune.
Le bonheur d’être, quelque soit mes doutes, mes défauts (défauts que vous devinez entre les lignes de ce déroulé) et me dire que chaque jour est un cadeau.

Et si demain était une… porte

Janvier 2015
Une journée ordinaire…

Son sac mis en bandoulière, ses dossiers sous le bras, un dernier coup d’œil dans le miroir, elle souffle sur sa frange levant les yeux au ciel…
Reste à traverser le couloir enveloppé d’une lumière chaude, fermer la porte et se précipiter dans l’air du temps, dans le rythme tourbillonnant de Paname…
Contemplant un instant ce couloir doté d’une ambiance de film, elle s’octroie un arrêt sur image : Dans une légère pénombre, les rayons du soleil striaient le corridor de traits réguliers mettant en lumière les milliers de particules en apesanteur. Baignant dans un clair-obscur, les nuances de cette lumière contrastante soulignaient les portes affleurant les murs qui les encadraient.

Les portes…
Plus elles sont vieilles et plus elles portent les louanges ou les outrages du passé, les bienveillances ou les colères de ceux qui les ont poussées.
Combien de vies, de destins s’y sont succédés…?

Non, nul besoin de soulever la poignée ou de toquer… ces portes là invitent à un voyage :
Symboliquement, elle s’avance devant la première, fébrile de ce que son imaginaire lui commandera.
A peine entrebâillée, le silence précieusement gardé vient l’envelopper. Ce silence qui fait du bien à l’âme, celui qui autorise à se livrer comme dans un cloître où l’on se recueille. Ce silence, où la raison, empreinte du passé, des expériences, des intuitions, s’efface pour laisser l’âme en paix.

Délicatement, elle se plaque contre la suivante : Des murmures d’enfants terminant en éclats de rire, le bruit sourd d’une bataille de polochons… tel une bouffée d’innocence et de souvenirs.

Forte de ce bien être, elle court rejoindre une porte usée par le temps, sculptée avec soin, empreinte de la main de son ébéniste : Derrière, une seule bougie vient éclairer la pièce, soutenue par le feu de la cheminée qui crépite. Les ombres des flammes viennent habiller les murs et caresser la silhouette d’un vieil homme. IL est la sagesse. Il est celui qui a appris de la vie. Il lève les yeux sur elle, elle lui renvoie un sourire car elle sait déjà que la sagesse commence par la connaissance de soi et signifie la fin de ses craintes, forte de l’amour et de l’amitié de ceux qui l’entourent sans négociation aucune…

Une grande respiration et la voilà devant une porte multicolore qui lui ressemble : Sans hésitation elle la pousse. S’échappent alors des parfums qui annoncent le voyage, qui la renvoient à ses origines qu’elle porte si fièrement. Et s’il n’existe pas dans le ciel deux flocons de neige identiques, elle sait qu’elle sera toujours la différence d’un autre. Cette même différence qu’elle cultive pour enseigner aux siens la tolérance et le respect de la diversité. C’est si grisant de côtoyer d’autres cultures et de partager…

Un courant d’air chaud l’attire. Elle résiste et décide de ne pas tourner la poignée. Délicieusement, elle s’adosse contre ce bois qui semble respirer, vibrer.
Tour à tour, parfum de pluie, de sable chaud, herbe gelée, onde glaciale ou Alysée viennent chatouiller ses sens. Ce sont les saisons… Un frisson de plaisir vient la secouer, elle voudrait toutes les embrasser.

Dans un grand bruit ses dossiers viennent de lui échapper pour s’éparpiller sur le sol.
A la hâte elle les rassemble car il est temps.
Il est temps d’ouvrir la porte de la maison, de filer droit dans le tumulte, les bruits, les lumières de l’air du temps de 2015.

Et si cette nouvelle année lui semble une porte massive chargée d’inconnues, c’est avec assurance qu’elle devrait la franchir…

Le regard d’un enfant…

Décembre…

Assise, le front contre la fenêtre, elle scrute le ciel blanc prêt à inonder de mille et un flocon, Paname en ébullition.
Elle reconnaît ce silence, cette couverture froide, cette ambiance sonore sourde et cotonneuse qui annonce la neige.
Timidement quelques points blancs virevoltent pour finalement tomber avec force et couvrir le sol.

Tel un cadeau, la promesse d’un vœux, elle ferme les yeux un instant pour que lorsqu’elle les rouvrira la magie soit encore là…

Du fond de sa mémoire ce grand tapis blanc ravive des souvenirs :
L’enfance… tout le mystère de l’innocence magique dans un sourire, un éclat de rire, une grimace ou des larmes.
Ce blanc scintillant… aussi beau que l’aurore après l’orage, aussi doux que le regard d’une maman sur son enfant.

Le tintement d’une clochette, une boule de Noël tombée du sapin et un tendre baiser viennent la réveiller et la sortir de ses pensées. Voilà plusieurs semaines que son fils s’émerveille devant les lumières qui habillent les rues, mais cette fois-ci ses yeux pétillent : il neige !

Elle le contemple délicieusement.
Elle voit un monde jeune dans le regard de son enfant.
Il est comme un livre ouvert doté de pages blanches prêtes à être écrites.
Il ignore tant… tout est découverte et expériences nouvelles.

Elle se souvient de ses éclats de rire lorsque bébé il touchait son pied pour la première fois et découvrait que c’était le sien. Elle se souvient de son émerveillement de voir s’envoler les graines de la fleur de pissenlit tel des milliers de parachutes ou son enchantement devant une bulle de savon.
Elle se souvient de ses mots d’enfant : « Oh maman un « courant d’aile ! » », alors qu’une porte avait claqué poussée par le vent…

Il a cette lumière qui fait d’un regard, un sourire une caresse, une étoile fragile et unique tel un flocon de neige.
Tant de petits riens qui illuminent celui qui découvre.

Alors elle fait un vœu, celui que son histoire nourrisse pour lui la lumière d’un avenir qui ne soit pas juste un espoir mais une réalité dans laquelle il sera heureux.
Elle souhaite que ce qui a été vécu ne l’ait pas été en vain.
Elle est certaine que chacun est porteur d’une parcelle d’éternité car l’avenir est en chacun de nous…
Mais elle sait aussi que l’innocence s’effeuille au rythme des années et de l’expérience.

Alors si aujourd’hui il neige, elle savoure ce délicieux instant où son fils parti à la rencontre de ces milliers d’étoiles, respire le bonheur de l’instant présent.

A mes enfants, Stevan et Corto

Parfum de pluie…

Elle a toujours adoré ouvrir la fenêtre de sa chambre après une averse d’été et profiter de l’air frais qui caressait son visage.

Assise, le menton blotti entre ses genoux, elle observait la nature s’éveiller devant elle :
Les gouttes d’eau accrochées à une toile d’araignée telle une étoile de Noël prête a scintiller, le ciel bleu acier imposant un clair-obscur a couper le souffle, les rayons du soleil traversant cet édredon de nuages pour effleurer et éclairer de ses longs doigts fins la nature frémissante.

Dans sa chambre flottait encore l’odeur de la pluie qui s’était posée délicatement pour s’évaporer l’instant d’après.
Le parfum de l’oranger du Mexique se mêlait en douceur à celui de la pluie, de la terre humide.
Elle se sentait enivrée, légère et emplie de bien être, ses émotions étaient aussi contrastées et multiples que le ciel.

Ce parfum de pluie est sa porte ouverte aux souvenirs, ceux qui s’immiscent dans son esprit avec délice, car ces souvenirs là font du bien.

Alors elle observe encore, respire profondément, finalement ferme les yeux pour laisser venir encore.

Bien des choses passent mais le parfum reste, comme un goût d’éternité. Il a ce pouvoir extraordinaire de faire surgir du fond de la mémoire des instants oubliés, des lieux, et de raviver la présence des personnes aimées.

Oui, elle aime ce parfum de terre sucrée, musquée, qui annonce l’arrivée du soleil. Ce parfum qui l’enveloppait enfant pendant la saison des pluies à Madinina chez sa Grand-Mère.
Et le voyage reprend : Sa grand-Mère est là debout dans la cuisine à faire griller des grains de café, chuchotant une mélodie joyeuse. Elle se retourne, lui sourit, amorce un clin d’œil, une grimace, s’en suit éclat de rires, câlins et millions de baisers.

Elle ne veut pas laisser s’échapper cet instant, elle veut le prolonger, respire encore lentement et profondément pour que blottie dans les bras de sa Grand-Mère, ce merveilleux voyage sensoriel ne s’évanouisse pas : Et ce parfum de pluie flirte avec la citronnelle, le café, la mangue, la terre humide, la cannelle, le vétiver, le patchouli, la vanille…

Elle est tellement attachée à ses notes simples de son enfance garantes de son humeur joyeuse.

Un Alyzé… non juste une brise, soulève quelques gouttes d’eau qui viennent ruisseler sur sa joue jusqu’à perler sur ses lèvres.

Elle sourit, elle rit :
Aujourd’hui Myo est apaisée, elle s’est réveillée dans un sourire et elle sait qu’elle s’endormira dans un joyeux souvenir.

Ici… photo de ma grand-Mère paternelle

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